Oxfam America

Appel aux G8: investir dans les agriculteurs pauvres

Il faut restaurer le 75 pourcent perdu de l’aide à l’agriculture dans les pays en développement

Briefing Paper

Publié: 07.2009


Résumé de la publication

La crise alimentaire actuelle, qui laisse plus d’un milliard de personnes affamées devrait s’empirer à moins que les donateurs en faveur du secteur agricole quadruplent leurs investissements, avertit un nouveau rapport d’Oxfam.

La flambée des denrées alimentaires a causé un surplus de 100 millions de personnes pauvres cette année—une situation qui devrait s’aggraver dans la mesure où le redressement économique des pays développés entraine la montée des prix du fuel, tandis que le changement climatique perturbe l’agriculture dans beaucoup de pays en développement.

Le rapport, Investing in Poor Farmers Pays: Rethinking How to Invest in Agriculture (Investir dans les agriculteurs pauvres, c’est rentable: Repenser l’investissement dans l’agriculture) montre comment l’autosatisfaction qui a prévalu jusqu’aux années 1990 a abouti à une baisse de 75 pourcent de l’aide agricole aux pays en développement, affaiblissant du coup ce secteur vital. L’année dernière, quand une conjoncture de facteurs a vu les prix des denrées de première nécessité monter en flèche, les pays pauvres ne pouvaient s’en sortir.

Le rapport révèle également que deux tiers des personnes pauvres vivant en milieu rural ont été laissés en rade par cette mesure de réductions des investissements. Plus d’investissement, et de l'investissement mieux réfléchi, semble plus que jamais nécessaire, ajoute l’agence.

Oxfam appelle les leaders du G8 à s’attaquer à la crise alimentaire en renforçant l’investissement accordé à l’agriculture, notamment à l’occasion de leur rencontre au sommet annuel prévu le mois prochain en Italie.

«L’omission de la part des donateurs riches d'investir au profit de l’agriculture dans les pays en développement, a été une des causes majeures de la crise alimentaire actuelle qui abandonne une personne sur six à la faim», selon Duncan Green, directeur de la recherche à Oxfam.

«Plus de 200 millions de personnes de plus ont actuellement faim depuis que la crise alimentaire a débuté. Vue la hausse incessante des prix des denrées de première nécessité, les leaders du G8 devraient entreprendre une action urgent afin d’éviter que la situation ne s’empire davantage», poursuivit-il.

«Une augmentation substantielle du financement de l’agriculture, ce n’est que de la petite monnaie comparé aux investissements en cours dans les pays riches ou encore, les milliards de dollars dépensés cette année pour sauver les banques».

L’Organisation Mondiale pour l’Agriculture avertit que le nombre de personnes pauvres va augmenter de 100 millions cette année à plus d’un milliard, c'est-à-dire une personne sur six à travers la population mondiale. Cela dépasse l’augmentation par 119 millions de personnes pauvres causée par la hausse des prix des denrées en 2007 et 2008. Après avoir baissé fin 2008, les prix ont recommencé à grimper au mois de février dernier.

Le rapport d’Oxfam indique que certains pays riches n’ont évidemment pas négligé leurs propres agriculteurs. Rien qu’en 2007, l’investissement dans le secteur agricole était estimé à $130 milliards pour l’Union Européenne et $41 milliards pour les Etats Unis. Et pourtant, les petites augmentations en faveur de l’aide à l’agriculture n’ont pas aidé à combler les réductions faites auparavant.

Aider les fermiers, aider les femmes

Soixante dix pour cent des pauvres dans le monde vivent de l’agriculture mais deux tiers d’entre eux n’ont pas été atteints par les investissements en cours, selon le rapport, notamment les paysans en zones marginalisés, qui travaillent souvent dans des environnements hostiles et lointains avec un accès difficile aux marchés et services, prêts, et subventions agricoles, sans possibilité d’autres emplois.

Les investissements qui seront prochainement alloués à l’agriculture devront directement toucher les gens et notamment les femmes, afin d’utiliser leur capital social et permettre l’adoption de méthodes agricoles écologiquement soutenables.

«Les femmes sont la clé de la sécurité alimentaire. Investir en faveur des besoins des femmes et renforcer leurs capacités afin qu’elles s’engagent dans l’agriculture devrait être en amont de toute solution pour améliorer la croissance agricole et réduire la pauvreté», a déclaré Green.