Réunion des Ministres de l’environnement avant le Sommet sur le climat
16 11 2009
Sans consensus il n’y aura pas d’accord à Copenhague en décembre
Les ministres de l’environnement de 45 pays se réunissent à Copenhague le 16 et 17 novembre pour dessiner le plan d’un éventuel accord global sur le climat. Cette réunion présente une opportunité importante pour les pays riches de lancer sur la bonne voie le Sommet sur le climat des Nations Unies et de montrer aux pays pauvres que lutter pour un accord vaut encore la peine.
Cependant, le 15 novembre à la veille de cette réunion, des leaders des pays européens et de la région Asie-Pacifique, ainsi que le président Obama, se sont mis d’accord pour remettre la conclusion d’un traité juridiquement contraignant à un deuxième sommet qui aurait lieu au Mexique, en 2010.
Viser la conclusion d’un accord juste, ambitieuse et contraignant en décembre au Sommet ou remettre les décisions-clé à plus tard, c’était une question principale sur l’agenda des ministres de l’environnement. Ils discuteront aussi de ce qu’on doit inclure dans un tel accord—des questions administratives comme la gérance des fonds pour le climat, jusqu’aux engagements des pays riches concernant la réduction des émissions et le financement pour faire face au climat.
Puisque les appels européens pour remettre l’accord ont dominé la discussion pendant quelques semaines, cette réunion donnera aux nations pauvres une opportunité cruciale de présenter le brouillon de ce qu’ils accepteraient comme accord. Sans consensus entre tous les participants, on ne pourra pas conclure l’affaire à Copenhague.
Des décennies de promesses non-tenues
Les pays en développement ont connu des décennies de promesses politiques non-tenues concernant l’aide et le commerce, de la part des pays riches. Il est peu probable qu’ils acceptent un accord sur le climat sans que la livraison de ce que les pays riches ont promis soit garantie.
Les pays pauvres s’attendront également à des offres considérablement améliorées, de financement pour le climat et de réduction des émissions. Le Groupe de 77 pays en développement plus la Chine ont fait appel aux pays riches de réduire leurs émissions de 40 pourcent par rapport aux niveaux de 1990, jusqu’en 2020—ainsi que de donner environ 1 pourcent de leur produit brut national (soit environ $400 milliards) par an pour aider les pays pauvres à s’adapter au climat changeant et à réduire leurs émissions.
Depuis deux années de négociations intenses, les pays riches ne sont toujours pas arrivés à un accord pour couper leurs émissions des gaz carboniques ou fournir le financement pour la réponse au climat—deux pierres angulaires sur lesquelles la réussite ou l’échec de tout éventuel accord sera jugé.
Ce que demande Oxfam
Oxfam fait appel pour un accord qui garantit l’action dans deux domaines-clé: des objectifs contraignants pour la réduction des émissions de la part des pays riches, et une assistance financière suivie—en plus des engagements existants pour l’aide étrangère—pour aider les pays pauvres à réduire leurs émissions et s’adapter au changement climatique. Les pays pauvres ont fait peu pour créer la crise du climat, mais ils sont déjà frappés durement par ses effets.
Isabel Sande Frandsen, conseillère d’Ibis et d’Oxfam International sur le climat, a déclaré: «Les ministres ont une occasion réelle de faire démarrer sur la bonne voie le sommet de l’ONU sur le climat. Les ministres doivent montrer aux pays pauvres qu’il vaut encore la peine de lutter pour ce qui se trouve sur la table à Copenhague. Cela veut dire un résultat qui garantit l’action dans deux domaines-clé—la réduction des émissions par les pays riches et de l’aide financière substantielle et suivie pour aider les pays pauvres à combattre le changement climatique».
Tamiser en avance le résultat d’une réunion internationale n’est pas inhabituel—il en était de même pendant les mois précédant l’accord de Kyoto—mais Oxfam avertit contre le retard dans la prise d’une décision difficile.
«Chaque semaine de retard ne fera qu’ajouter au coût de la crise en dollars et en ce qui concerne la vie et les moyens de vivre des gens les plus pauvres du monde. Un accord juste, ambitieux et contraignant est encore possible à Copenhague si la volonté politique existe.
«Si les pays riches livrent ce qu’ils ont promis, ils peuvent toujours faire l’affaire en décembre», a dit Sande Frandsen.