Les pays riches ont une "double responsabilité" face au changement climatique
15 06 2009
Oxfam International affirme qu’ils doivent réduire leurs propres émissions de gaz à effet de serre et aider les pays pauvres à faire de même.
Dans un nouveau rapport publié aujourd’hui, Oxfam International affirme que pour parvenir à un accord équitable et ambitieux sur le climat, les pays riches ont deux responsabilités: réduire leurs propres émissions de gaz à effet de serre et aider les pays pauvres à faire de même.
Le rapport intitulé Agir ensemble ou chacun pour soi? présenté à l’occasion de la conférence des Nations unies sur le climat à Bonn, affirme que seuls les pays riches peuvent permettre aux négociations internationales sur le climat de sortir de l’impasse et éviter ainsi un désastre climatique.
La communauté scientifique a démontré qu’il était nécessaire de revenir aux niveaux d’émissions de 1990 d’ici à 2020. Pour Oxfam International, près de la moitié de ces réductions doivent s’effectuer grâce à la mise en place d’un “Mécanisme global d’atténuation et de financement” qui fournira aux pays pauvres les moyens de limiter leurs émissions.
D’ici jusqu'à 2020, les pays riches doivent également réduire d’au moins 40 pourcent leurs émissions en dessous des niveaux de 1990, principalement sur leur territoire national. Le rapport d’Oxfam détaille les réductions nécessaires pour atteindre ce chiffre et démontre qu’aucun pays riche n’approche pour l’instant de ces objectifs.
L’Union européenne doit par exemple réduire de 44 pourcent ses émissions par rapport à 1990, alors que le Paquet Energie Climat européen ne prévoit qu’une réduction de 20 à 30 pourcent.
Agir ensemble ou chacun pour soi? propose une réponse à deux questions très controversées qui pèseront lourd dans les négociations: qui doit réduire les émissions et qui doit financer cette réduction? Un accord international sur le climat doit être signé en décembre prochain à Copenhague, mais les négociations ne progressent que très lentement.
Riches responsables, pauvres victimes
Les pays riches sont aujourd’hui responsables des trois quarts des émissions de gaz à effet de serre. Mais ce sont bien les populations les plus pauvres qui sont les premières et les plus importantes victimes du changement climatique. En Afrique, les variations des précipitations perturbent déjà les activités agricoles, tandis que la hausse des températures augmente la propagation des maladies.
"Si nous voulons éviter une catastrophe humaine, nous devons sortir ces négociations de l’impasse dans laquelle elles se trouvent actuellement. Les pays riches sont responsables de ce bourbier. Ils ont les moyens financiers et la technologie pour nous en sortir. Cela les met face à une double responsabilité, à la fois réduire leurs propres émissions mais également soutenir financièrement les pays pauvres à faire de même”, a déclaré Jeremy Hobbs, directeur général d’Oxfam International.
Grâce à l’argent provenant de la vente des permis d’émission de carbone, le “Mécanisme global d’atténuation et de financement” financerait le soutien nécessaire aux pays en développement. La transition vers des modes de développement moins pollueurs pour des pays les plus pauvres de la planète, comme l’Ouganda ou l’Inde, serait financée en totalité. Des économies plus développées comme le Brésil ou la Chine devraient en revanche financer une partie de ces coûts, selon leurs poids économiques.
"Oxfam estime qu’au moins 150 millions de dollars sont nécessaires chaque année pour financer à la fois les activités d’adaptation et d’atténuation dans les pays pauvres. Ce montant est relativement modeste comparé au prix de l’inaction, que l’économiste Nicolas Stern estime entre 5 et 20 pourcent du PIB mondial, et il n’est rien en comparaison avec les milliards débloqués en faveur des banques", continue M. Hobbs.
Ce qui est fait déjà
De nombreux pays en développement ont déjà franchi d’importantes étapes pour réduire leurs émissions et souligner leur volonté de négocier des actions plus importantes, avec le soutien financier et technologique des pays riches. Le Mexique par exemple s’est engagé à réduire de moitié ses émissions d’ici à 2050. La Chine, quant à elle, est leader dans le domaine des financements des énergies renouvelables où elle a investi 12 milliards de dollars en 2007.
"L'avenir du monde dépend de la réduction des émissions mais seuls les pays riches ont les moyens d’y parvenir. Un accord global doit permettre, grâce à de nouvelles sources de financement, de soutenir un développement sobre en carbone dans les pays pauvres", conclut M. Hobbs.