Les dirigeants doivent engager de nouveaux fonds pour réaliser un accord climatique à Copenhague
02 11 2009
On estime que 26 millions de personnes ont déjà été déplacées en raison des contraintes climatiques
Des centaines de tentes en miniature, de l'artiste allemand Josef Hermann Hack ont été installés à Bruxelles, Londres, Berlin, Dublin et Madrid pour attirer l’attention des chefs d'État et de gouvernement européens sur les véritables enjeux dela question du financement climatique, en perspective de leur rencontre à Bruxelles.
Oxfam a érigé des tentes pour offrir un aperçu de l'avenir si les gens dans les pays pauvres—qui souffrent déjà des effets du changement climatique—ne bénéficient pas assez du financement public pour se protéger maintenant.
Le sommet des chefs d'Etat et de gouvernements de l'UE qui dure deux jours est la dernière chance pour eux d’accorder leurs violons sur le montant que l'UE puisse donner, avant le coup d’envoi des négociations climatiques de l'ONU de Décembre. La chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre polonais Donald Tusk seront soumis à des pressions particulières dans la mesure où leurs gouvernements ont été accusés de bloquer un accord à ce jour.
Avec seulement quelques jours de négociation avant le sommet de Copenhague, une offre importante financière de l’UE pourrait sauvegarder le leadership européen dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques et remettre sur les rails les négociations internationales en vue d’un succès à Copenhague.
Elise Ford, chef du bureau européen d'Oxfam International, a déclaré: «Il est temps que les États membres de l'UE arrêtent de faire le vide sur la question du financement climatique. L'UE a clairement la puissance de feu financière pour trouver un accord à Copenhague. Nous avons besoin d'une déclaration de volonté politique sérieuse de la part des dirigeants de l'UE, qui devraient casquer de l’argent, si toutefois le monde veut rester sur la voie du succès à Copenhague».
Déjà 26 millions de personnes déplacées
On estime que 26 millions de personnes ont déjà été déplacées comme conséquence directe des agitations climatiques et chaque année, on enregistre un million de plus de déplacés liés aux phénomènes d'ordre météorologique. Les conditions météorologiques imprévisibles et extrêmes sont déjà en train de ravager la vie des gens pauvres directement exposés aux impacts du changement climatique, balayant les maisons et détruisant les cultures sous le passage des pluies torrentielles et les sécheresses mettant en péril la santé et la vie des gens.
«Pour l'instant, les dirigeants européens agissent comme s’ils n’étaient pas concernés par la problématique du changement climatique—mais celle-ci ne connaît pas de frontières. Des millions d'autres personnes seront définitivement chassées de leurs foyers dans les toutes prochaines années à moins que les pays riches investissent en faveur de l'adaptation dans les pays pauvres», dit Mme Ford. «Nous allons compter les coûts en pertes de vies humaines au cas contraire».
Oxfam appelle l'Europe, un des principaux architectes de la crise climatique, a injecter chaque année 35 milliards € dans les finances publiques en vue d’aider les pays en développement à faire face aux impacts du réchauffement climatique. Cet argent doit venir s'ajouter aux engagements d'aide existants de 0,7 pourcent du PNB: l'UE ne doit pas forcer les pays pauvres à choisir entre le renforcement des stratégies de défenses contre les inondations et la construction d'écoles. Elle prie également les dirigeants de ramener les émissions d'au moins 40 pourcent d'ici 2020 à son niveau de 1990 en conformité avec la science pour s’assurer que le réchauffement climatique est en dessous de 2 degrés, et prévenir des dommages encore plus grands.
«Ne pas casquer à nouveau de l'argent frais équivaut à donner d'une main ce que l’on reprend de l'autre. Une offre financière de l'UE pourrait booster les négociations internationales houleuses—mais il est aussi probable que cet élan d’optimisme soit sous peu brisé par la simple promesse de réaffecter l'argent déjà promis en faveur de l'aide au développement», a ajouté Mme Ford.