L'Afrique de l'Ouest demande: Où est mon or?
02 06 2009
Oxfam America et les organisations de la société civile encouragent les gouvernements à reconnaitre les droits des communautés et à pratiquer une gestion plus transparente des recettes
Oxfam America et les organisations de la société civile de l'Afrique de l'Ouest ont lancé une semaine d'action dont l'objectif est de renforcer la sensibilisation au sujet des activités des compagnies minières opérant dans la sous-région. La semaine d'action, qui prend fin le 5 juin, marque le début d'une nouvelle campagne régionale dénommée «Où est mon or?»
Cette campagne est conçue pour encourager les gouvernements à modifier leurs réglementations conformément au nouveau code édicté par la directive minière, pour qu’ils reconnaissent les droits des communautés et mettent en oeuvre une gestion plus transparente des recettes minières.
Les pays de l'Afrique de l'Ouest produisent des millions d'onces d'or chaque année, mais la région est l'une des plus pauvres du monde. Les dispositions de la directive aideront les communautés à faire en sorte que les recettes minières seront utilisées pour la réduction de la pauvreté. Parallèlement, les communautés doivent jouir d'une partie des richesses créées par les activités minières, au lieu de continuer à payer à elles seules les frais de la pollution et de la perte de terres cultivables.
L'adoption de règles uniformes dans l'Afrique de l'Ouest aidera à mettre un terme à la concurrence destructrice entre les pays de la région pour favoriser davantage l'investissement étranger, ce qui mène au relâchement des sauvegardes environnementales et financières.
Activités et réactions
Selon Richard Ellimah du Ghana, «la nouvelle directive minière est probablement la plus audacieuse tentative menée par la CEDEAO pour régler les préoccupations des communautés affectées....Nous attendons impatiemment de mettre en oeuvre la directive pour exiger le respect des droits humains et l'accès à l'information sur les recettes minières».
Les activités prévues dans le cadre de la campagne se déroulent cette semaine au Ghana, au Burkina, au Sénégal, au Nigeria et au Mali. Elles tournent autour des débats et des ateliers d'informations pour sensibiliser les communautés sur les dispositions de la directive minière.
Parmi celles-ci, vient en premier lieu le consentement libre, préalable et éclairé qui accordera aux populations le droit d'autoriser ou non l'exploitation de mines dans leurs localités. Aussi la société civile entend-elle tenir des ateliers d'informations destinés aux média et aux organisations sociales et environnementales. Elle envisage d'entrer en contact avec les parlements et les ministères des mines de la sous-région, leur demander de changer leurs régulations et se conformer à la directive minière.
- Oxfam Intermon et une coalition des organisations de la société civile dénommée Min'Alert ont tenu une activité à Ouagadougou (Burkina), à laquelle ont pris part le Ministre de l'Economie et des Finances et plus de 20 journalistes. Ceux-ci ont relayé les échos de la campagne à travers de nombreux articles et une émission diffusée par la télévision dans tout le pays.
- Au Ghana, l'organisation de défense de l'environnement et des droits humains WACAM a tenu un atelier le 28 mai avec 64 participants. Le but de cet évènement qui a regroupé les organisations de jeunesse, religieuses et environnementales, est d'amener le pays à améliorer la loi de 2006 relative à l'exploitation minière pour se conformer à la directive de la CEDEAO.
Six associations alliées de la société civile ont tenu une conférence de presse à la suite de l'atelier et, dans un communiqué ont appelé le gouvernement à retirer les permis accordés à la Compagnie Newmont pour l'exploitation de l'or dans la Réserve forestière de Ajenua Bepo.
«Le gouvernement aura démontré qu'il est prêt à définir les réserves forestières comme «zones protégées» s'il arrive à retirer le permis d'exploitation dans la mine de la réserve forestière de Ajenua Bepo», a souligné le communiqué.
«Cette campagne est la suite logique du mouvement vers la participation renforcée des citoyens dans les prises de décisions concernant les affaires publiques, la meilleure gouvernance et la régulation du secteur minier dans la sous-région», a noté Ibrahima Aidara, spécialiste d’Oxfam America sur les industries extractives en Afrique de l'Ouest.