La société civile de l’Afrique de l’Ouest se félicite de l’adoption de la Directive minière
28 05 2009
Un pas en avant vers un code minier régional, pour que les citoyens puissent bien profiter de leurs ressources naturelles
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Aliou Bassoum,
Chargé de Communication Regional/Regional Communications Officer - Afrique de l'ouest
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Le Conseil des Ministres des Affaires étrangères de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a adopté le 25 mai, à l’issue de deux jours de rencontre à Abuja (Nigéria), la Directive minière en vue de l’harmonisation des politiques minières de la sous-région.
Celle-ci constitue un grand pas dans le processus que la CEDEAO, ensemble avec les autres acteurs y compris la société civile, ont mis en œuvre en vue de l’établissement d’un code minier régional. Celui-ci devrait s’assurer que:
- les gouvernements protègent les droits des populations
- les compagnies minières respectent les droits des populations et de l’environnement
- les communautés minières jouissent de leur droit de savoir et de décider.
«Le processus de la directive est arrivé à terme. Nous devons procéder maintenant à sa mise en œuvre conformément au plan d’action», a dit Omar Ndongo, secrétaire général du Forum des Organisations de la Société Civile de l’Afrique de l’Ouest (FOSCAO).
La société civile de l’Afrique de l’Ouest, qui a joué un rôle significatif dans l’élaboration de cette directive, a félicité les Ministres des Affaires étrangères pour cet important pas qu’ils viennent de prendre en vue de permettre à leurs citoyens de bien profiter de leurs ressources naturelles.
«La directive va conduire à l’amélioration des politiques nationales minières. A la suite d’une analyse comparative que nous avons faite entre la directive et le code minier burkinabé, nous avons noté des avancées significatives liées aux préoccupations de la société civile telles que le processus et les conditions de compensation, l’engagement des populations affectées et les forums de consultation des parties prenantes», a dit Moses Kambou, directeur exécutif de l’Organisation pour le Renforcement des Capacités de Développement (ORCADE), une organisation travaillant avec les communautés minières au Burkina Faso.
« L’adoption de cette directive constitue un pas important dans la participation des citoyens dans les prises de décisions relatives à la politique publique. Cette directive minière aidera les pays membres à adhérer à des principes uniformes créés conjointement par les gouvernements et les citoyens. Aussi augmentera-t-elle la protection des droits humains et de l’environnement tout en promouvant l’investissement», a déclaré Ebrima Sonko, directeur régional d’Oxfam America.
Pour bon nombre de personnes, l’adoption de la directive constitue un bon début.
«Nos leaders politiques, les communautés minières et les autres parties prenantes reconnaissent qu’il y a beaucoup de problèmes dans le secteur minier qui a besoin d’une régulation renforcée. Le défi pour nous est de pousser notre gouvernement à s’engager pour la mise en œuvre de la Directive et à adopter un Code minier régional», a indiqué Daniel Owusu-Koranteng, directeur exécutif des Communautés Wassa Affectées par les Activités minières (WACAM) au Ghana.
Les organisations de la société civile lancent actuellement la campagne «Où est mon or?» (www.whereismygold.org) afin de pousser les Etats membres à déclencher le plan d’action qui devrait mener à la mise en place d’un code minier et d’un observatoire au niveau de la sous-région avant fin 2011.