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L’Afrique témoigne sur le changement climatique

Mise en place: 11 10 2009

Devant un tribunal spécial, l’archevêque Desmond Tutu et Mary Robinson, présidente honoraire d’Oxfam International et ancienne commissaire des Nations Unies pour les droits humains entendront les gens qui souffrent directement des effets catastrophiques du climat


Des témoins venant de toute l’Afrique parleront des impacts actuels du changement climatique sur leur vie quotidienne, devant un tribunal spécial à Cape Town, Afrique du Sud.

L’archevêque Desmond Tutu et Mary Robinson, présidente honoraire d’Oxfam International et ancienne commissaire des Nations Unies pour les droits humains, apporteront ces messages aux leaders africains et mondiaux au Sommet des Nations Unies sur le climat qui se tiendra à Copenhague à la fin de l’année.

Plus de 125 auditions avec plus de 500.000 personnes auront lieu dans 17 pays avant le Sommet qui doit arriver à un accord global pour faire face au changement climatique. Des témoins sur le climat venant du Kenya, du Mali, de Malawi, de l’Ethiopie et de l’Afrique du Sud assisteront au tribunal qui sera organisé par Oxfam International et le Group de surveillance environnementale d’Afrique du Sud.

Le changement du climat constitue un grand menace au développement en Afrique. Bien qu’il ne contribue que moins de trois pourcent des émissions globales, ce continent sera fort touché.

Les scientifiques prévoient un impact grave sur la production de beaucoup de denrées alimentaires de base. On calcule que les récoltes moyennes de maïs dans le sud de l’Afrique diminueront de 30 pourcent. Le nombre de personnes sur le continent sans accès adéquat à l’eau pourrait tripler, jusqu’à 600 millions en 2050.

Par exemple, Rachel Hesselman, agricultrice de la région Suid-Bokkeveld en Afrique du Sud qui plante du thé dans sa petite ferme, a travaillé assidument pour profiter des opportunités qui se sont présentées depuis les premières élections démocratiques dans son pays. Elle vend actuellement sa récolte organique certifiée «commerce équitable», sur un marché local et étranger en croissance. Cependant, ce qu’elle a gagné à force de bosser se trouve menacé par la sécheresse et la hausse des températures.

Des questions cruciales pas encore résolues

Les pourparlers internationaux de Bangkok sur le climat ont eu lieu du 28 septembre au 9 octobre. Il ne reste que deux mois avant Copenhague, mais plusieurs questions cruciales doivent encore être résolues, y compris combien d’argent supplémentaire sera mis à la disposition des pays pauvres pour les aider à s’adapter au climat changeant.

Oxfam fait appel aux pays industrialisés de prendre la responsabilité pour la crise qu’ils ont crée, en livrant au moins $150 milliards en plus par an afin d’aider les pays pauvres avec l’adaptation au changement climatique, ainsi que de réduire leurs émissions intérieures par au moins 40 pourcent relatif aux niveaux de 1990, et cela jusqu’en 2020.

Mary Robinson, présidente honoraire d’Oxfam International et ancienne commissaire des Nations Unies pour les droits humains, a déclaré:

«Le témoignage des femmes et des hommes qui luttent déjà pour faire face au climat qui change constitue un rappel puissant de l’enjeu des négociations internationales sur le climat. Déjà des communautés appauvries à travers l’Afrique pourraient beaucoup perdre, à cause d’une crise dans laquelle elles ne jouent aucun rôle. Leurs voix—et leurs demandes pour un accord juste, ambitieux et contraignant sur le climat—méritent d’être entendues par les leaders politiques en Afrique et à travers le monde».

L’archevêque Desmond Tutu a précisé:

«De même que la Commission sud-africaine Vérité et Réconciliation a témoigné sur les injustices de l’apartheid, ce tribunal témoignera sur l’injustice du changement climatique. Les leaders mondiaux ne doivent pas tourner le dos aux peuples de l’Afrique et du monde entier qui luttent pour faire face au climat changeant. Ils doivent accomplir les réductions d’émissions et donner le soutien financier dont on a actuellement besoin pour empêcher une catastrophe humaine».

Irungu Houghton, directeur pan-africain pour Oxfam International a fait appel aux dirigeants du continent en disant:

«Les leaders africains doivent écouter les gens qui vivent en premier ligne du changement climatique. Ils doivent travailler ensemble pour insister sur un accord global sur le climat qui répondra aux besoins de leurs populations les plus pauvres. Ils doivent agir chez eux pour aider leurs communautés les plus vulnérables à s’adapter.»


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