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Dignité organique: Les Maliennes profitent du coton

Mise en place: 29 10 2009

par Chris Hufstader

Oxfam travaille avec des coopératives locales pour aider les cultivatrices à obtenir les meilleurs prix pour leurs récoltes


Depuis la «révolution verte» des années 1960, l’investissement a soutenu tout d’abord des agriculteurs qui avaient déjà l’accès aux terres, à l’eau et aux marchés en toute sécurité.

Mais, même les innovations haute-technologie dans l’agriculture ne peuvent pas produire les gains de cette époque-là, explique Tim Mahoney, expert d’Oxfam en agriculture. C’est à cause de la qualité inférieur de la terre, le manque d’eau, et l’engrais à base de pétrole dont le prix augmente.

«Pendant deux ou trois décennies il y a sous-investissement dans les petites fermes», dit-il. «Actuellement, avec la baisse de la production agricole, la capacité de faire face à une hausse de demande manque aux petits cultivateurs. Ils ne l’ont pas».

Aider les 400 millions d’agriculteurs à petite échelle fait donc circuler l’argent dans les économies rurales, étend plus largement les bénéfices de la croissance économique, et réduit la pauvreté et la malnutrition. Fortifiées des connaissances et des stimulants économiques, les petites fermes peuvent préserver la biodiversité, conserver la terre et l’eau, et créer des emplois locaux.

Le coton biologique rapporte

Au Mali, l’esprit d’entrepreneur est fort. Dans le village de Sibirila j’ai rencontré des femmes qui travaillent dans un secteur traditionnellement masculin pour lancer leur lutte contre la faim: elles sont cultivatrices de coton.

Ici au sud du Mali c’est la région du coton, l’un des produits d’exportation les plus importants du pays et l’une des rares récoltes qui rapportent de l’argent comptant. Le prix du coton sur le marché mondial, assez bas actuellement, en fait une façon difficile de gagner sa vie, mais Oxfam travaille avec des coopératives de cultivateurs de coton biologique pour les aider à obtenir le meilleur prix. Bien que la demande est basse en ce moment, les membres de la coopérative de Sibirila disent que le coton organique les aide à gagner décemment leur vie.

Fanta Sinayogo cultive le coton organique depuis quatre ans, ainsi que les arachides, le fonio (une sorte de millet local) et les grains de sésame organiques. L’année dernière elle a consacré un peu moins d’un demi-hectare au coton, avec une récolte de 400 kilos pour lesquels elle a gagné environ $225 U.S. (soit 54 cents le kilo, un prix avantageux).

Sinayogo explique qu’avant de cultiver le coton, elle n’était pas financièrement autonome.

«Je n’avais pas assez de nourriture», dit-elle, assise dans la maison qu’elle partage avec son mari et leurs trois enfants les plus jeunes. «C’était un vrai problème. Mais maintenant, grâce au coton organique je peux utiliser l’argent pour acheter de la nourriture et des fournitures scolaires pour mes enfants».

Autonomes et sans dettes

Lorsque les prix alimentaires à Sibirila se sont dramatiquement augmentés en 2008, faisant en sorte que beaucoup de gens devaient se grouiller pour en avoir davantage, Sinayogo disposait d’une réserve. «J’ai utilisé mes économies de la récolte de coton organique de l’année dernière, pour acheter du grain pour la famille», dit-elle modestement.

La plupart d’agriculteurs doivent emprunter de l’argent pour des pesticides et de l’engrais pour cultiver le coton, mais les fermières organiques comme Sinayogo n’utilisent pas de pesticides et fabriquent leur propre engrais biologique. Elles sortent de la coopérative argent en main, sans dettes. Elles se sentent bien. Il y a une expression pour ce sentiment en Bambara, la langue locale: koori haron.

Cela veut dire, «dignité du coton.»


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