Oxfam America

«A peine habitables par des humains»: Des camps débordés de réfugiés désespérés

18 09 2009

Pour les déplacés en Somalie, au Kenya et en Ethiopie, une réponse internationale honteusement inadéquate


Un manque total de réponse efficace de la part de la communauté internationale devant la crise en Somalie, et donc pas d’aide pour mettre fin à la guerre, a eu comme résultat une spirale de souffrance humaine et un exode aux pays avoisinants, selon un avertissement d’Oxfam le 3 septembre. Des centaines de milliers de somaliens qui ont fui la violence sont actuellement coincés dans des camps horriblement surchargés ou mal gérés au Kenya, en Ethiopie et en Somalie même.

Oxfam dit que des conditions insalubres et peu d’accès aux services essentielles, telles que l’approvisionnement en eau et l’accès aux médicaments, sont en train de créer une crise de santé publique dans les camps, et qu’il faut y faire face d’urgence.

«Les somaliens s’enfuient d’un des conflits les plus brutaux du monde ainsi qu’une sécheresse desespérante, pour se retrouver dans des conditions inimaginables, dans des camps à peine habitables pour des êtres humains. Des centaines de milliers d’enfants sont affectés. Le monde abandonne la prochaine génération de somaliens au moment où ils ont le plus grand besoin de notre aide. Pourquoi paraît-il qu’on a moins d’importance dans ce monde si on est somalien?» a dit Robbert Van den Berg, porte-parole d’Oxfam International pour la région de la Corne d’Afrique.

La Somalie a vu récemment une augmentation majeure de conflit, et avec cela le pays souffre de la pire sécheresse depuis10 ans. Il est honteux que la communauté internationale ne s’est pas du tout occupée de ces camps surchargés et insalubres, étant donné le niveau des besoins et de la souffrance humaine.

Trois camps débordés, pas assez d’aide

Au nord du Kenya, chaque mois environ 8.000 réfugiés somaliens s’écoulent dans le camp de Dadaab. Hébergeant actuellement 280.000 personnes, ce camp a été construit pour seulement le tiers de ce nombre, au départ. La surcharge sévère fait en sorte que bien de familles n’ont pas accès régulièrement aux latrines ou à l’eau propre. Dans les pires coins du camp, plus de 20 familles se partageant une seule latrine.

«Le gouvernement du Kenya a promis maintes fois de fournir encore de terrains pour alléger l’encombrement, mais il ne l’a pas fait à ce jour, malgré les besoins urgents et critiques. Il faut plus de pression de la part de la communauté internationale, pour que ce soit fait», Van den Berg a-t-il poursuivi.

Dans le camp Bokolmayo d’Ethiopie, presque 10.000 personnes sont déjà installées et encore plus de mille personnes arrivent chaque mois. Et pourtant, l’infrastructure et services actuelles sont insuffisantes pour accommoder encore plus de nouveaux arrivés. Il y a toujours un grand manque de fonds pour le faire marcher. L’agence des Nations Unies pour les réfugiés n’a offert devant la crise imminente qu’une réponse faible et inefficace. Oxfam a appellé cette agence à agir en leader afin d’assurer aux somaliens une assistance adéquate en soutenant les pays d’accueil, pour qu’ils répondent de manière rfficace à la crise humanitaire.

Une tragédie humaine de proportions impensables

En Somalie, beaucoup des gens s’enfuyant de Mogadiscio ont cherché l’abri dans la région d’Afgooye, laquelle héberge au moins 485.000 personnes sur un ruban de terre de 15 km, ce qui constitue la concentration la plus dense au monde de personnes déplacés. Le niveau élevé d’insécurité fait en sorte qu’il est extrèmement difficile pour les agences internationales de livrer assez d’assistance pour combler les besoins des réfugiés. Les somaliens eux-mêmes y sont actuellement en première ligne, livrant l’aide à travers leurs organisations locales, mais il leur manque de fonds pour faire ce travail de sauvetage de vies. Il leur faut bien plus de soutien de la part des donateurs.

«Aux trois sites—Afgooye, Dadaab et Bokolmayo—les services fournies aux gens vulnérables et désespérés sont en-dessous des critères internationales. En même temps que les ONG doivent augmenter leur réponse, les donateurs eux ne peuvent pas éviter de fournir le financement pour ce cas d’urgence. C’est une tragédie humaine de proportions impensables. Des personnes innombrables sont privées d’un foyer et d’un sens de vie normale depuis des mois et des mois», a dit Van den Berg.

«En fin de compte, la cause fondamentale de tous les problèmes dans tous ces camps, c’est le conflit qui continue, l’absence de lois et le désastre humanitaire à l’intérieur de la Somalie», continue Van den Berg. «Nos gouvernements doivent mettre la Somalie à la tête de leurs listes et faire plus que de maintenir ce pays sur un respirateur. Ce dont nous avons besoin c’est une approche différente, un engagement soutenu de haut niveau, pour mettre fin à cette souffrance humaine outrageuse qui continue depuis plus de 15 ans».

Camp-Somalia

Enlarge Image

Outils pour l'article
Imprimez Imprimez
Envoyez cet article par email Envoyez cet article par email
Refugee-camp-Somalia

Enlarge Image

Des centaines de milliers de somaliens qui ont fui la violence sont actuellement entassés dans des camps horriblement surchargés ou mal gérés au Kenya, en Ethiopie et en Somalie même.
photo: Oxfam International